Sortir des polémiques passionnées pour aborder le débat sans parti pris …. pas facile , je tente l’exercice !
 
Avertissement
Je vais traiter le sujet en homo sapiens omnivore gourmand, mangeant de tout en quantité modéré et en variant le plus possible par curiosité et pour respecter ce que me propose la nature saison par saison 
Tout cela sans aucune aversion , ni interdits religieux ou idéologiques …
? A lui seul le lait cristallise tout ce que l’on peut créer comme polémique sur le plan nutritionnel.
? Adulé par les uns comme indispensable , la pire des choses pour les autres … la réflexion raisonnable se situe probablement entre ces deux extrêmes …
 
? Lait de vache , de  chèvre ou de brebis , les différences 
? En ce qui concerne les micronutriments, le lait de chèvre enregistre des concentrations semblables à celles du lait de vache.
? Du point de vue énergétique, le lait de chèvre possède une densité des minéraux plus grande que le lait de vache ou de brebis (il a le plus de substances minérales par 100 kcal).
? Du côté des matières grasses :
? Aussi bien dans le lait de chèvre que dans celui de vache, les acides gras saturés prédominent.
Ceux-ci sont suivis par les acides gras mono-insaturés et une petite proportion d’acides gras polyinsaturés.
? Meilleure digestibilité du lait de chèvre
La matière grasse du lait de chèvre se caractérise par une proportion élevée d’acides gras à courte et moyenne chaînes.
Ceci est dû à la concentration deux fois plus importante d’acide caprique dans le lait.
Les acides gras à courte et moyenne chaînes sont plus facilement absorbés que ceux à longue chaîne. Ils en deviennent ainsi plus digestibles.
 
? le lait et sa valeur  énergétique 
La  valeur  énergétique  du lait de brebis est plus élevée par rapport à ceux de vache et de chèvre.
Avec 103 kcal (pour 100 g) , le lait de brebis dépasse de 30 kcal le lait de vache et  40 kcal celui de chèvre.
En effet il  contient plus de matière sèche et moins d’eau que les deux autres.
? Le lait et ses sucres  
Il s’agit du lactose pour les trois laits , donc pas de différence en cas d’intolérance au lactose 
? intolérance au lactose 
Même si l’on parle couramment d’allergie au lait de vache, il faut savoir qu’il s’agit la plupart du temps d’une intolérance au lactose, le seul glucide contenu dans le lait.
Cette intolérance est due à une faible activité de la lactase (une enzyme dont le rôle est de scinder le lactose en deux pour permettre son assimilation), provoquant alors des troubles digestifs après l’ingestion de lait.
Sur cette notion d’allergie, le plus souvent d’ailleurs il s’agit d’une erreur lexicale car c’est en réalité une intolérance à une des multiples protéines du lait.
Le lait contient plus de trente protéines, toutes potentiellement allergisantes mais les caséines et la bétalactoglobuline sont le plus souvent en cause, cela dit toutes les protéines peuvent être incriminées.
Enfin, pour les intolérants au lactose, la consommation de yaourts ou laits fermentés, souvent , ne pose pas  de problème étant donné que les bactéries ajoutées au lait pour former le yaourt ont déjà utilisé une partie du lactose et ont commencé une digestion… donc beaucoup moins voir pas de problème de digestion.
? Le lait et ses lipides
La on constate de sérieuses différences 
Les laits de chèvre et de brebis contiennent davantage d’acides gras à chaîne courte ou moyenne, ces acides gras sont plus facilement assimilables par notre système digestif
Voila pourquoi ces laits sont souvent plus digestes
?Le lait et ses protéines 
La composante protéinée des laits de vache et de brebis est à 80% composée de caséine.
Le lait de chèvre ne contient que peu de caséine. Ceci pourrait constituer un avantage pour les personnes allergiques à la caséine.
Beaucoup de personnes   souffrant d’allergie au lait de vache supportent le lait de chèvre.
Les protéines contenues dans les trois laits sont toutes de valeurs biologiques comparables
? protéines  allergènes 
Les  protéines du lait  peuvent amener le système immunitaire à réagir 
Cette réaction est déclenchée par la présence d’une série d’antigènes potentiels , notamment la lactoglobuline ( une protéine absente dans le lait maternel) 
? côté  vitamines et sels minéraux
Les 3 laits sont une source assez comparable 
? calcium, phosphore, potassium, iode, zinc et magnésium 
? vitamines A, D, B2, B12 (teneur un peu plus faible pour le lait de chèvre) 
 
? Lait et son calcium 
? la bio-disponibilié du calcium du lait dépend de l’acidité du milieu intestinal
Lors de la digestion le lactose du lait en métabolisé ( assimilé ) par l’organisme par l’intermédiaire d’une enzyme (la lactase intestinale)
Ce mécanisme de digestion a pour effet de provoquer  une montée de l’acidité qui favorise précisément l’absorption du calcium car celui-ci est plus soluble à un PH  acide.
C’est cette action reproduite à l’excès qui peut d’ailleurs conduire à la mise en place de  l’ostéoporose  (le syndrome de Burnet, qui est ce que le langage populaire appelle “la maladie des buveurs de lait”).
On retrouve le même processus d’arrivée précoce de l’ostéoporose , par surconsommation , avec un des “sucres” des légumes secs : le raffinose.
 ? En résumé :
Dire que le calcium du lait n’arrive pas aux os est donc une ineptie … en revanche affirmer que cet excès d’arrivée de calcium peut accélérer l’arrivée de l’ostéoporose est assez logique  
Trop de lait = trop de calcium = trop d’acidité 
 
?  calcium et  indispensable Vitamine D
L’absorption du calcium du lait dépend de la vitamine D.
Contrairement au calcium, peu d’aliments contiennent de la vitamine D. Certes, on la trouve dans certains poissons gras, dans les jaunes d’œuf, le foie, les huîtres, mais il faut en consommer en grande quantité afin d’assurer les besoins quotidiens.
Il faudrait en effet manger 22 œufs durs par jour pour couvrir ces besoins !
La solution passe par l’exposition au soleil …
La Vit D est prise à l’extérieur pour 80% , sous l’action des rayons ultraviolets (UVB)  …et seulement 20% par l’alimentation (essentiellement les produits d’origine animale et gras)
? Une question de saison 
 Si 10 minutes par jour l’été d’exposition sont suffisantes …  une bonne heure est nécessaire l’hiver pour faire le plein en Vit. D
En hiver, les rayons UVB diminuent fortement 
 
? Soja =  lait en calcium ?
Plutôt faux …
Les yaourts de soja ne sont pas identiques en terme de calcium que les yaourts au lait.
Ce serait un peu vite oublier que les phytates du soja diminuent l’absorption du calcium !
 
? Calcium du lait meilleur biodisponibilité ?
Plutôt vrai.
La  biodisponibilité du calcium d’origine animale est supérieure au calcium d’origine végétale grâce à l’action du lactose qui provoquera une augmentation du PH (acidité) facilitant la biodisponibilité 
Ce qui ne veut pas dire que le calcium des végétaux ne sera pas suffisant pour répondre aux besoins quotidien !
 
 
? Le calcium dans les eaux minérales peut-il remplacer celui du lait ?
Faux !
Une récente étude clinique (Brandolini, source citée en bas de l’article ) contrôlée sur 38 jeunes femmes a montré qu’à apport calcique égal, la perte urinaire de calcium était significativement plus élevée pour une eau minérale très sulfatée calcique que pour le lait.
 
 
? Le lait un facteur favorisant l’acidose ?
Plutôt vrai.
Les bactéries contenues dans le lactose du lait font fermenter les glucides avec une production d’acide lactiques
 
Les gros excès de lait un facteur aggravant  l’arrivée des problèmes articulaires
Plutôt vrai.
De plus le  lait de vache est constitué en majorité de molécules protéiques de grandes tailles que nos enzymes ne sont pas capables de disséquer en acides aminés digestes.
Cela favorise la prolifération de germes pathogènes qui ralentissent la digestion.
De plus, une partie de ces protéines insuffisamment dégradées traversent la paroi intestinale et induisent à termes des réponses immunitaires causes de maladies inflammatoires bénignes (problèmes de peaux, allergies par ex)
ou beaucoup plus graves (polyarthrites rhumatoïdes…).
? L’allergie aux protéines du lait de vache est la plus fréquente des allergies alimentaires.
Cette allergie touche 2 à 3% des enfants jusqu’à 2 ans, puis les symptômes disparaissent progressivement mais l’allergie aux protéines de lait ne disparaît pas réellement.
La majorité des allergiques initiaux devient tolérante, au moins à de petites quantités de lait.
Toutefois, lors d’ingestion de plus grandes quantités, des symptômes apparaissent dans 45% des cas, contre 15% dans la population générale.
Il existe deux types d’allergies.
?  L’une (IgE-dépendante) dépendante des immunoglobulines E, est responsable de manifestations immédiates, dans les deux heures suivant l’ingestion de lait : diarrhées, vomissements, urticaire, choc anaphylactique…
? L’autre, non dépendante des IgE, est à l’origine de manifestations retardées : douleurs abdominales, constipation sévère ou inversement, diarrhées chroniques, eczéma, rhinite, toux chronique, asthme…
 
Du lait bio indispensable !
Personne ne diras le contraire : une femme enceinte  fumeuse secrète du lait à la nicotine ?
Puisque tout passe par le lait, il en va de même pour les vaches…
Boire du lait c’est être au bout de la chaine des désherbants, des insecticides, des antibiotiques , mais aussi des toxines vaccinales …sans compter une quantité croissante de dioxines (un sujet qui inquiète actuellement le monde scientifique) … non merci !
Et là je n’ai pas parlée de la contamination quasi systématique par des produits extrêmement cancérogène tels les nitrates, les mycotoxines, les pesticides. (dans le cas de lait d’origine non bio)
 
Pour conclure… 
Je ne défends pas ici la chapelle des anti-lait ou des pro-lait
… même si par conviction écologique et environnementale je ne bois que très rarement du lait (utilisation pour mes desserts essentiellement)
Mais je ne crois pas que l’on puisse utiliser des arguments fallacieux  pour défendre ou attaquer l’idée de boire du lait 
 Une évidence :
Le lait de vache est prioritairement produit par la vache pour élever et nourrir son veau 
Pour autant doit-on en faire une exclusivité ?
Il est très tendance d’affirmer que le lait est fait pour le veau… et donc d’une parfaite inutilité pour l’homme.
Ceux qui nous disent que l’homo sapins est le seul mammifère qui consomme du lait une fois sevré , oublient de vous dire qur tout chat adulte qui voit un reste de lait après la traite dans une ferme  se jette dessus pour le boire !
et même s’il vient de s’enfiler une souris … 
Cet argument du “lait : une exclusivité pour le veau”  part du postulat que tous les membres d’une même espèce animale doivent avoir la même nutrition  …. ce qui est évidemment absurde !
Ce point de vue évacue l’aspect sociétal de l’alimentation, la dimension géographique, historique , culturelle, religieuse …. 
On me dit souvent : aucun moment mammifère adulte  ne boit de lait….vrai mais quel est le mammifère qui se fait cuire ses aliments en dehors de l’homme, ou déguste un baba au rhum ?  
En suivant la logique au bout de ceux qui nous racontent que le lait serait pour le veau uniquement , on devrait laisser la salade et les légumes verts aux herbivores….
 
?  Sources bibliographiques 
Elles sont très nombreuses , pas facile de faire un choix objectif …
?Brandolini (2005)
« Higher calcium urinary loss induced by a calcium sulphate-rich mineral water than by milk in young women ».
édition : Brit J Nutr
? Diane Feskanich (1997)
“Milk, Dietary Calcium, and Bone Fractures in Women: A 12-Year Prospective Study”
édition : American Journal of Public Health,
?Riis B (1987)
“Does calcium supplementation prevent postmenopausal bone loss? A double-blind, controlled clinical study.”
édition : N Engl J Med.
?Soroko S (1994)
“Lifetime milk consumption and bone mineral density in older women.”
édiiton : Am J Public Health.
?Dr Nicolas Le Berre (2000)
“Soyons moins lait, Terre vivante” ou encore “Le lait : Une sacrée vacherie, janvier”